Encre Rose

«Aimer, c’est le seul remède à la guerre» – Corneille

By Ayad

March 22, 2022

« Il faudra beaucoup d’amour pour gagner la guerre ». Difficile de croire que Corneille a écrit ces mots, scandés sur son nouvel album, il y a de cela une année entière. La coïncidence, il l’atteste, est « étrange ». Mais elle vient faire résonner encore plus fort son cri du cœur écrit à l’Encre rose.

La phrase, répétée sur le titre Rendez-vous à minuit, titille l’oreille différemment, prenant un tout autre sens lorsqu’on l’entend aujourd’hui. En entrevue au Journal, Corneille le concède, mais prend tout de même le temps de la réinscrire dans son contexte initial. 

« Je pensais à la guerre des mots, celle que je voyais sur les réseaux sociaux. La pandémie nous a divisés davantage. Toutes ces méchancetés qui ont été dites par des gens qui étaient pour ou contre le vaccin, qui s’insultaient et se traînaient dans la boue… ce n’est jamais la solution de répondre à la haine des autres par sa propre haine. Ça ne marche jamais », confie le chanteur. 

Qu’est-ce qui marche, alors ? La réponse ne se fait pas attendre. 

« Aimer, c’est le seul remède à la guerre. Le seul moyen de s’en sortir, c’est en trouvant en soi l’amour des gens qui viennent secouer des choses en soi qui sont fragiles. Il faut savoir marcher sur son orgueil et essayer de comprendre l’autre. Mais évidemment, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire », avance-t-il. 

Un « regard différent »

Ce thème, Corneille le connaît malheureusement trop bien. Son adolescence a été marquée au fer rouge par la guerre civile du Rwanda, dans les années 1990. Le chanteur a vu sa famille biologique entière décimée, échappant lui-même de justesse au génocide en fuyant vers l’Allemagne. 

Tout ça vient évidemment teinter la vision qu’il a aujourd’hui du conflit actuel entre la Russie et l’Ukraine. 

« J’ai un regard différent sur la guerre. Je l’ai vécue. J’ai été dans le cœur d’un génocide pendant trois mois. Les séquelles de ce genre de conflit, la réalité des réfugiés, l’émigration d’un continent à un autre, ce que ça génère comme précarité chez les gens qui sont en train de subir ces atrocités-là, je connais tout ça », confie-t-il.  « J’ai l’impression que faire cet album comme je l’ai fait, de l’intituler Encre rose, de traiter des thèmes que j’ai choisi de traiter, est encore plus pertinent aujourd’hui », poursuit-il. 

Apprendre du passé

Ces thèmes, ils abondent sensiblement tous dans le sens de l’amour, de la tolérance, de la bienveillance, de l’humilité et des autres valeurs fondamentales qu’il partage avec sa conjointe, Sofia de Medeiros, avec qui il partage sa plume. En fait, Corneille n’hésite pas à qualifier cet album de cri du cœur face aux deux dernières années qui, avouons-le, auront été plutôt difficiles. 

« On continue de dire qu’on veut que tout aille mieux, mais on fait tout le contraire. Tout ce qu’on peut maîtriser, ce sont nos rapports entre êtres humains, alors travaillons là-dessus. Est-ce qu’on peut simplement apprendre de ce qui vient de se passer pour être mieux ensemble ? » laisse-t-il tomber. 

S’il faut attendre jusqu’à vendredi pour découvrir ces 11 nouvelles pièces, les fans moins patients pourront les entendre à compter de jeudi soir avec la webdiffusion d’un spectacle faisant office de lancement.  

L’album Encre rose sera sur le marché à compter de vendredi. Le concert de lancement sera quant à lui accessible dès jeudi, 20 h, pour une durée d’un mois. Pour information et billets : corneilleofficiel.com 

« C’EST L’ALBUM QUE J’AI TOUJOURS VOULU FAIRE »